ProLexis : comment respecter l’écriture inclusive

ProLexis, correcteur orthographique et typographique de la langue française, permet à ceux qui l’utilisent un très bon peaufinage de vos textes, d’autant qu’il se pilote directement depuis nos applications de mise en pages comme InDesign ou traitements de texte comme MS Word.
Récemment confronté au problème de l’orthographe inclusive, génériquement appelé langage épicène, j’ai observé que ProLexis ne la tolère pas, du moins dans ses formes les plus courantes, ce que nous verrons.

erreur

Vous voyez par contre que le point médian n’est pas relevé comme erreur ! Et que par ailleurs les (s) non plus, alors qu’il pointe une erreur sur la parenthèse du (e) inclusif.
J’ai donc voulu intégrer cette orthographe de plus en plus présente dans ProLexis ; ce logiciel permet en effet une personnalisation très raffinée de sa correction…
Il faut pour cela savoir comment ProLexis fonctionne. Dans un premier temps, ce logiciel analyse la ponctuation selon des règles :
Composition de la ponctuation
Vous pouvez observer qu’en effet le point est toujours suivi d’une espace, ce qui n’autorise donc pas la notation inclusive .e.
Mais ce dictionnaire peut comporter des exceptions, que l’on peut éditer via la fenêtre des Chartes typographiques :
Ici je prends l’exemple d’une exception «française» qui dit que les points de suspension peuvent suivre (et être inclus dans) la parenthèse.

Une autre exception présente dans les exceptions française justifie que le (s) puisse coller au texte dans «Le(s) erreur(s)» :

exception
Et l’on peut réaliser des exceptions personnelles, prenons par exemple l’écriture inclusive (les élu.e.s)
qui sera reprise comme ceci :
Ce qui est fautif, c’est qu’il n’y ait pas d’espace après le point dans le seul contexte de l’écriture inclusive .e.
Attention, le contexte doit reprendre le signe fautif, et il peut comprendre d’autres signes pour limiter le champ d’application.
Pour reprendre l’écriture inclusive, on devrait a priori plutôt utiliser le point médian (middle dot) · : les élu·e·s (obtenu en InDesign via Maj-alt-F, attention au raccourci clavier de justification forcée, à modifier via le menu Édition > Raccourcis clavier). Voici un article de «leconjugeur» en référence.
Mais justement, ce dernier signe de ponctuation n’est pas inclus dans la table des signes de ponctuation de ProLexis et donc ne donne pas d’erreur… Et donc la boucle est bouclée, il faut convaincre les rédacteurs d’utiliser le point médian et non plus le simple point ou la parenthèse !
Je terminerai cela en évoquant les limites de cette écriture inclusive, et en citant pour cela un correcteur, sur la liste de diffusion « typographie »,  ne manquant pas d’humour :
De beaux·elles chevaux·juments galopaient sous mes yeux…
Le·a veau·génisse est le·a petit·e du·e la taureau·vache.
Je suis sûr qu’on peut faire bien mieux encore. En attendant de devoir en
pleurer — le politiquement correct n’aura de cesse que d’avoir triomphé —,
mieux vaut en rire.
Thomas Savary

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