Bobo : une police de caractère qui fonctionne à l’envers

bobo

Incroyable, Jean-Baptiste Morisot d’Indian Type Foundry, a créé pour Fontshop une police de caractère, le Bobo, qui a comme caractéristique essentielle… de ne pas être lisible ! Il la surnomme la « hipster font » : bobo = bourgeois bohème 🙂

Je traduis le communiqué de Fonshop à son sujet : «son design inhabituel utilise des motifs répétitifs qui produisent des ruptures dans le processus de lecture, forçant le lecteur à diminuer sa vitesse de lecture pour décoder le message».

Ce qui est également intéressant est que plusieurs glyphes sont disponibles :

bobo

Ici on voit dans InDesign, le changement de glyphe au vol qui permettent jusque 4 variables (2 dans la lettre via un set stylistique alternatif plus deux dans les capitales).

Et bien entendu elle est très complète (FontShop oblige) :

tableau

Et en promo jusqu’au 6 – fêtes obligent 🙂

Ann Bessemans : recherche sur la lisibilité des polices de caractères

Ann Bessemans, designer et professeur belge à l’école de design PXL-MAD de Hasselt, a réalisé en 2012 une thèse (« Type Design for Children with Low Vision ») sur les paramètres qui permettent à une police de caractère d’être plus lisible, spécifiquement pour des enfants qui ont des problèmes de vision ou qui sont dyslexiques.

Un article en anglais en explique la base :
this research aims at finding a meaningful sense of legibility within the context of low vision children and seeks to examine which typographical design parameters can influence the legibility for beginning readers with low vision.

Un fichier pdf mis en ligne explique en détail sa problématique…

Voici le lien d’une conférence en anglais à la TYPO de Berlin en 2013 qui parle de sa police de caractères Matilda :

Matilda-kenmerken-Ann-Bessemans

Cette police de caractère est en développement et sera bientôt commercialisée.

Une autre conférence d’Ann à l’ATypI est disponible sur Youtube, « Rhythm and Reading Comfort« , et une troisième de TEDx, « xTreme Type Design« , est très intéressante également.

Un article en néérlandais évoque également les typos créées à l’intention des dyslexiques et montre d’autres exemples…

Nouvelle formation : fondamentaux de la mise en page et de la composition

Ma nouvelle formation est éditée chez Video2Brain :

formation

Si vous êtes graphiste, débutant ou confirmé, et que vous souhaitez comprendre et maîtriser le processus de création graphique, cette formation est faite pour vous.

J’aborde ici les principes et les guides de l’art de la composition de la page, ainsi que les bases du graphisme. Pas à pas, vous analyserez de nombreux exemples et découvrirez comment mettre en avant la force et la pertinence d’une création graphique. Vous étudierez les méthodes de placement de textes, découpes et visuels. Vous apprendrez à choisir les couleurs et la typographie les plus adéquats. Vous verrez également les principes invisibles comme le point focal, la hiérarchie, l’harmonie, l’équilibre, la tension et bien d’autres. Puis vous structurerez efficacement des compositions à l’aide du format de page, des grilles, des proportions, etc.

Ainsi, renouvelez votre approche du graphisme et adaptez ces méthodes dans vos prochaines créations !

 

Création de polices avec variations de lettres : une approche pour rejoindre le lettrage manuel

Un problème récurrent pour les lettreurs en bandes dessinées, ou pour les dessinateurs qui font eux-mêmes leur lettrage de façon numérique avec leur typo, est que ces polices numériques sont… trop régulières, qu’elles manquent de cette variété qui est le propre d’un lettrage manuel.

Alors pour ceux qui veulent le beurre et l’argent du beurre, soit la rapidité du lettrage numérique et le côté aléatoire d’une écriture manuscrite, voici une méthode simple.

Elle vient au départ de mon collègue Jean-Paul Aussel qui, lors d’une conversation avec Ségolène Ferté, qui fait notamment le lettrage de Black Sad , lui expliquait qu’elle numérise les lettrages puis introduit des variations.

Mais comment gérer ces variations ? Une façon simple est de mettre deux dessins différents de la même lettre, l’un dans la capitale, l’autre en bas-de-casse.

Voici ce que donne en FontLab la police de Jean-Paul Aussel avec ses variations simples entre Caps et bdc :

police aussel

Si l’on travaille sur Macintosh, on a même accès directement à 4 variations possibles, la lettre de base, sa majuscule, puis les mêmes avec la touche ALT enfoncée :

clavier mac

que l’on peut atteindre avec les combinaisons suivantes de touches :

touches

Sous Windows cette manipulation est moins pratique puisqu’il faut se souvenir du code correspondant à la lettre (alt-145 pour æ par exemple).

Et pour introduire le côté aléatoire d’une façon automatique dans les redoublements de lettres, on peut imaginer une suite de rechercher-remplacer qui remplace par exemple les séquences mm par Mm, cc par c© ou cC etc  — ce qui peut être facilement compilé en un script en InDesign.

 

Ressources :

Au sujet de la différence entre le lettrage par ordinateur et le lettrage manuel, un article chez Comicalités reprend toute la difficulté de rendre naturel ce qui ne l’est pas, avec les problèmes que cela amène… en parlant également de son corollaire, le texte traduit en BD. J’en cite un passage :

Je comprends, désormais, ce qui me semble opaque, illisible, dans le lettrage mécanique de la traduction de L’Art de voler. Quand je lis la version française, c’est-à-dire la version mécanique, j’ai l’impression qu’on a arbitrairement collé sur l’espace de la vignette des portions d’espace exogènes. Le texte flotte, ignorant du dessin qu’il recouvre et encombre. Composé sur écran, plus ou moins habilement adapté au format de l’espace qui va l’accueillir, il ne rencontre certes plus le problème du « retournement » de la page imprimée ancienne : mais, préparé sur un ordinateur, et ensuite mis au format, il n’acquiert nulle part dans cette opération l’épaisseur de l’inscription spatiale, ni l’épreuve de la temporalité du geste qui le trace. La régularité de son module n’est pas le résultat d’un effort de la main : c’est une simple donnée de la composition typographique, qui a disposé les uns après les autres des caractères tous identiques et tous anonymes. Dans la vignette, l’espace que ce texte neutralisé s’apprête à occuper se trouve destitué de sa nature graphique pour être assigné arbitrairement à une identité nouvelle, celle d’une surface « maquettable », d’un « blanc » à occuper, à investir.

La mise à l’échelle optique des caractères suivant la force de corps utilisée est une autre façon de compenser le côté mécanique du lettrage.

Animation – pistes, liens, modes d’emploi, didacticiels : Typographie cinétique, Turbomédia

Les éléments ci-dessous servent de base et de cadre au cours d’infographie de BDE sur l’animation à Saint-Luc. Vous trouverez également ci-dessous un bon nombre d’exemples…

Définition (wiki)

Le soft utilisé – Edge Animate

 

Didacticiels, trucs et astuces, mode d’emploi

Un bon didacticiel sur Lynda.com

La chaîne YouTube de Michaël Chaize sur Edge Animate

EdgeAnimate-modemploi : mode d’emploi basique d’Edge Animate

5 astuces et bonnes pratiques Adobe Edge Animate

Inspirations – Typographie cinétique

Channel Vimeo

Page Facebook sur la typo cinétique

Ma Chaîne Vimeo sur la typo cinétique

Ma Chaîne Youtube sur la typo cinétique :

Inspirations – TurboMédia

Mes liens sur le TurboMédia

Comment concevoir un TurboMédia selon les auteurs numériques

 

Découverte de Spyder5STUDIO

À la suite d’une consultance sur la gestion des couleurs chez un cabinet d’architectes bruxellois, j’ai découvert, moi qui ne pratique que le matériel de X-Rite, la solution globale de Datacolor en ce qui concerne la calibration des périphériques.

Je savais déjà, pour avoir lu les articles d’Arnaud Frich, que la Spyder5, ainsi que tout le matériel de Datacolor en général, est d’un très bon niveau, tout en ne coûtant pas un bras comme celui de son challenger X-Rite…

Qu’en est-il de leur ergonomie, comment les comparer ? Je voudrais expliquer cela dans ce bref article.

Je vais commencer par vous proposer des modes d’emploi relativement simplifiés pour l’utilisation de la sonde Spyder5Elite et du spectrophotomètre SpyderPrint, dans la section Cours de mon site.

Ce que j’ai remarqué en calibrant les écrans :

  • Je n’aime pas le fait que le logiciel, sous prétexte que l’éclairage de la pièce est trop élevé (200 candela/m2) propose d’adapter le réglage de la calibration en conséquence à 200 c/m2, cela me semble abusif !
  • Dans les préférences, vous verrez qu’il est possible d’utiliser le processus L-Star ; a priori ne le faites que si votre écran est haut de gamme et rejoint le profil AdobeRGB ; vous risquez, si vous le faites sur un écran de base comme l’iMac, de perdre en finesse de dégradé dans les valeurs sombres, si j’en suis cet avis sur le forum de Luminous ou celui-ci sur le forum de Chassimage.
  • L’affichage étalonné, qui est produit en fin de processus de calibration, est proche de celui de l’iProfiler d’X-Rite, et est intéressant en ce qu’il propose directement de comparer le profil obtenu à celui de l’sRGB ou de l’AdobeRGB. Pratique si vous voulez convaincre un patron de la nécessité de l’achat d’un écran alors que vous n’avez droit qu’a votre iMac ancienne génération qui atteint tout juste l’sRGB. Mais il faudra de toute façon initier votre patron aux profils couleurs…
  • Pour une recalibration périodique (on recommande de recalibrer un écran au moins tous les mois), il existe les fonctions CheckCal et ReCal, qui contribuent à réduire le temps d’analyse pour les calibrages suivants. Vous pouvez conserver les anciennes cibles de calibrage ou demander leur validation en un rien de temps.

Ce que j’ai remarqué en calibrant les imprimantes :

  • La solution SpyderPrint ne vaut pas, au niveau ergonomie, celle de l’iProfiler avec l’i1Pro d’X-Rite. La réglette qui permet de placer et guider le papier dans cette dernière est quand même nettement plus solide et pratique… et ne nécessite pas de coller le papier que vous devez calibrer avec du tape sur votre bureau pour mesurer les carrés de couleur sur le papier. On s’en sort mais on comprend bien pourquoi il y a une telle différence de prix.
  • De même, Arnaud Frich, dans son test, explique bien que la différence de prix et de niveau entre les deux machines vient du fait que la SpyderPrint est un spectrocolorimètre et non un spectrophotomètre comme l’i1Pro. Le résultat est que le profil est différent (je publierai une comparaison dans une révision de mon article), un peu moins étendu, mais quand même largement suffisant pour améliorer sensiblement la qualité de vos impressions !
  • Lorsque l’on lit avec l’i1Pro la ligne de carrés de couleur, il ne signale pas la lecture des carrés, ce que fait le SpyderPrint en faisant des clics successifs; SpyderPrint vous signale quels sont les patchs de couleurs qui n’ont pas été bien lus et vous pouvez facilement les refaire.
  • Par contre le logiciel vous prend par la main, l’orientation plus grand public est sensible ici et évite clairement de se casser la tête.
  • En bref, si vous n’avez pas encore de sonde de calibration d’écran, et si vous désirez, pour votre imprimante couleur, faire différents profils et changer de papier souvent, donc maîtriser vos profils plutôt que de passer par un prestataire de service pour les faire faire, la solution SpyderStudio est un maître-achat.

En cas de souci, il existe un mode d’emploi très complet en français de la solution SpyderStudio.

Encore des références :
http://news.pixelistes.com/test-photo-de-la-redac-etalonnez-votre-imprimante-avec-une-sonde-datacolor-spyderprint/
http://phototechmag.com/printer-calibration-using-the-spyderprint/
https://www.slrlounge.com/spyder5studio-review-getting-images-color-controlled-capture-print/
http://blog.reflex-photo.eu/test-de-la-sonde-datacolor-spyder-5-elite/