FontLab VI – la mise à jour « ultra bold »

Le célèbre éditeur de polices de caractère connaît une nouvelle version !

Celle-ci est disponible en démo gratuitement à cette adresse.

Une présentation de plus d’une demi-heure en a été faite à l’ATypI 2016 à  Varsovie, par un des gourous de FontLab, Adam Twardoch :

Une aide en ligne est également disponible (tout ça est en anglais, le soft comme l’aide ; la francisation de FontLab 6 mettra du temps, tout comme celle de FontLab 5 en a mis). Le forum du site s’enrichit tout logiquement d’une section FontLab VI. Elle est nourrie tous les jours, parfois avec virulence, mais la plupart du temps de façon intéressante (parfois c’est abominablement technique).

Un nouveau mode d’emploi reprend un processus basique de création de police en démarrant d’Illustrator.

Et surtout, une série de vidéos sur YouTube explique l’ensemble des nouvelles fonctionnalités !

Quels sont les points importants, les apports de cette nouvelle version ?

La présentation en anglais sur le site reprend quelques « nouveaux concepts », soit les éléments et les polices variables (proches des multiple masters).

Sketchboard

Vous pouvez directement placer votre scan ou votre fichier illustrator ou votre numérisation en jpeg (via la commande fichier > importer); vous pouvez travailler, créer les vecteurs de vos numérisations ou encore lancer la reconnaissance des lettres qui permettra ensuite de placer le lot en tant que « forme nommée » (lettre donc) directement dans la partie habituelle de FontLab, ci-dessous à droite, la FONT MAP dans laquelle se trouve la grille des caractères de votre police. Ce que j’apprécie dans cette méthode c’est que l’habituel passage d’Illustrator pour copier la lettre, à FontLab pour l’y coller, est révolu ! D’autant que voir tout à la fois est bien pour la cohérence.

place named shapes

Du coup lorsque j’ai dessiné une lettre, je la place dans la police comme ceci :

place element as glyph

Ce que vous constatez c’est que la lettre sera collée en suivant un modèle : lettre avec ascendante (b), descendante (q), capitale etc.

Rapid tool

C’est le nom d’un nouvel outil qui est l’alternative à l’outil plume. En effet, il est un petit peu plus intuitif et permet rapidement de créer des tracés vectoriels. On clique pour avoir un point d’ancrage angulaire et on double-clique pour un point d’ancrage courbe. La courbe se dessine au fur et à mesure en fonction des points d’ancrage.
Pour l’instant j’essaie de l’employer de préférence à la plume, en me disant que du coup je peux me passer complètement d’Illustrator si je ne sais pas vectoriser un lettrage, que j’ai par exemple tracé au crayon grossier, comme dans cette démo :

rapid tool

Tunni lines

Dans le dessin vectoriel, si vous modifiez une courbe à priori vous travaillez sur les tangentes des points d’ancrages, pour modifier le dessin de la courbe. Les tunni lines sont physiquement les liens entre deux tangentes, et je trouve que c’est un réel plus par rapport à l’édition des tracés.

tunni line

Il est également possible de modifier toutes les tunni lines à la fois (menu Contour > Edit Tunni Lines)

Mesure de l’épaisseur

épaisseur

Vous voyez dans cette démo que je puis observer la différence d’épaisseur de mon délié par la mesure en temps réel de l’épaisseur du glyphe.

Nouveau format de fichier

On passe de .vfb à .vfc ; et FontLab Studio 5 ne sait pas ouvrir les fichiers de la nouvelle version. Ce passage (tellement fréquent chez les éditeurs de logiciels) témoigne d’une mise à jour majeure…

nouvelle icone de fichier
La nouvelle icone de FontLab.

 

Smart Corners

Au même titre qu’Illustrator a ajouté depuis la version 2015 la possibilité de modifier les coins des tracés en les transformant en courbes, il est maintenant possible d’éditer tous les coins de la lettre à la fois, comme ci-dessous, ou séparément :

smart corners

Brush

À nouveau un peu à la manière d’Illustrator mais de façon originale, un autre outil permet de donner une épaisseur et un angle globaux à un trait :

brush

 

Encore une petite amélioration, il est possible de demander un « hint » vertical ou horizontal:

vertical-hintqui va avoir pour effet de vous montrer que vous arrivez, avec votre tracé, à quelque chose de vertical ou d’horizontal :

vertical

 

 

FontAudit

Cette fonction qui permet  de vérifier la façon dont vos lettres sont construites est devenue bien plus riche et complexe, voici toutes les corrections proposées sur une malheureuse lettre tracée à la tablette (donc même pas vectorisée depuis une numérisation, je n’ose pas imaginer le résultat) :

FontAuditEt donc il est possible de les suivre une par une en cliquant sur le sparadrap, qui répare les problèmes, parfois en faisant pire que bien, donc je ne vous conseille pas le « fix all » si prometteur…

Bugs

À noter, la copie depuis illustrator d’un glyphe, dans la version précédente, se passait bien à condition d’activer une préférence de FontLab ou de TypeTool ; jusqu’à présent, aucune des préférences ne permet un coller à dimensions correctes, soit de la ligne de base à l’ascendante par exemple :

préférences

Une façon de contourner cela sera d’agrandir très fortement les lettres avant de les copier en FontLab. Il faut prendre garde à décocher, dans le menu Contour > Preview Rounding. Dans le cas contraire les agrandir pourrait causer des altérations du dessin des vecteurs. (Cf. ce post sur le forum de Fontlab, pour les développements ultérieurs de ce bug).

L’importation directe de fichier Illustrator est possible, à la condition d’enregistrer au format Illustrator 3 (pas CS3, 3!). Il est possible d’importer dans le sketchboard toutes les lettres à la fois dans le but de copier une par une ou de dessiner une par une les lettres ensuite. Voici les formats acceptés :

import

NB – cet article est un « work in progress » est est complété au fur et à mesure de mes recherches. Les commentaires sont bienvenus !

Bobo : une police de caractère qui fonctionne à l’envers

bobo

Incroyable, Jean-Baptiste Morisot d’Indian Type Foundry, a créé pour Fontshop une police de caractère, le Bobo, qui a comme caractéristique essentielle… de ne pas être lisible ! Il la surnomme la « hipster font » : bobo = bourgeois bohème 🙂

Je traduis le communiqué de Fonshop à son sujet : «son design inhabituel utilise des motifs répétitifs qui produisent des ruptures dans le processus de lecture, forçant le lecteur à diminuer sa vitesse de lecture pour décoder le message».

Ce qui est également intéressant est que plusieurs glyphes sont disponibles :

bobo

Ici on voit dans InDesign, le changement de glyphe au vol qui permettent jusque 4 variables (2 dans la lettre via un set stylistique alternatif plus deux dans les capitales).

Et bien entendu elle est très complète (FontShop oblige) :

tableau

Et en promo jusqu’au 6 – fêtes obligent 🙂