La calibration d’iPad ou d’une tablette Android – un pas en avant…

Jusqu’il y a peu, les dalles IPS des iPads – très correctes au demeurant – ne pouvaient pas être calibrées.
Comme vous le savez peut-être, deux solutions de calibration d’iPad/tablette gratuites sont sur le marché actuellement – à condition d’avoir une sonde bien entendu – ColorTrue du côté d’X-Rite, et SpiderGallery du côté DataColor.
Pour prendre le premier des deux, le mécanisme est relativement simple, il faut installer le soft ColorTrue sur l’iPad, disponible gratuitement sur l’AppStore, plus un autre sur le mac, le X-Rite Device Services, et les mettre tous deux sur le même réseau wifi. Puis brancher la sonde sur le mac en usb, et la déposer… sur l’iPad, puis lancer le soft de l’iPad.
Une capture d’écran du processus d’étalonnage :
colortrue
Ici, une photo de la galerie, on voit bien le choix possible du point blanc, ici visible :
photo de la galerie
Ou encore, la simulation d’impression avec les profils standard :
simulation d'impression
Si vous disposez d’une sonde Spyder3/4Pro ou Elite la démarche est la même, un logiciel gratuit est disponible, SpyderGallery de Datacolor, disponible pour mac ou pour windows, qui vous permet d’étalonner votre tablette et de visualiser des photos.
Attention, il y a des limites : avec ces deux logiciels, vous n’allez pas pouvoir calibrer votre tablette en soi mais uniquement celle-ci lorsque vous visionnez vos images dans l’application dédiée (il y a longtemps, sur Windows, il était possible de créer un profil d’écran seulement valable en Photoshop; c’est du même ordre). C’est donc limité car vous ne pouvez, par exemple, travailler sur votre tablette calibrée par exemple en important le live View de votre appareil photo tout en bénéficiant de ce calibrage… cette application n’est qu’une galerie finalement, et encore ne permet-elle que de visualiser la galerie de photo de l’iPad !

Mais tout le monde attendrait de pouvoir travailler avec Photos ou Lightroom ou encore PSExpress bien entendu, mais cela n’est pas encore le cas, vu que c’est… Adobe ou Apple qui doivent devenir (entre guillemets) ColorTrue Aware et pas l’inverse.

Je cite ici le service technique d’X-Rite à qui j’ai posé la question « Comment dans ColorTrue parvenir à voir les bibliothèques d’image d’Adobe Lightroom mobile sur iPad ? » : Cher M. paulus, A ce moment, c’est pas possible. ça doit venir du Adobe. Vous pouvez demande directement Adobe, si elles voulez ajouter ColorTrue dans leurs programmes. 
Attendons encore un peu que ça vienne du Adobe 🙂

 

Venons-en à une avancée récente ou pas trop connue : il existe cependant des applications qui permettent donc l’affichage avec gestion des couleurs, qui sont donc «ColorTrue Aware » (on ne rit pas) comme CamRanger.

camranger
Au départ CamRanger est un accessoire, un émetteur Wifi, lui-même connecté en usb à l’APN, qui permet de contrôler un APN et de visualiser les photos prises avec l’APN dans l’application disponible pour Mac, iOS, Android, Windows, donc sur tablette ou portable. Donc là nous y sommes, la photo viendra, en affichage calibré, automatiquement sur votre écran.
Comptez quand même 300$ pour le relais Wifi en question. Mais pour un photographe de studio… ça vaudrait la peine me semble-t-il, pour ne plus devoir jongler avec les cartes mémoire. Le CamRanger a d’ailleurs gagné plusieurs awards etc.
mylio
Pour intégrer la gestion de couleurs dans l’affichage de toutes vos photos sur l’iPad, il existe une autre application, Mylio qui est donc également ColorTrue Aware, et permet elle d’organiser votre bibliothèque de photos et de la synchroniser de diverses façons sur tous vos ordinateurs et tablettes (en très gros, c’est le module Bibliothèque de Lightroom), ET qui permet d’ajouter les dossiers de Lightroom ou les albums iphoto, Flickr ou Facebook, le tout pour $8,34 / mois pour 100 000 photos (il existe encore d’autres plans tarifaires).
Une version démo est disponible sur le site pour 30 jours. Cette solution est également assez prisée par de nombreux professionnels dont Scott Kelby

 

Ici l’on voit un album Flickr importé sur mon iPad :
import mylio
Mise à jour, 19-01-2016 :
Q-take
QTAKE Monitor, qui est donc également Color-true aware, permet de faire du monitoring video via wifi.
Références : Arnaud Frich, sur son site, a écrit un article qui présente exhaustivement les deux solutions de calibrage, ColorTrue et SpiderGallery.

La publication d’ePubs de mise en pages fixe (FXL): quelques réflexions sur l’état des choses (janvier 2015)

EPUB3_logo

L’abandon récent du DPS « single edition » en faveur de l’ePub FXL ont étonné ou scandalisé, puis, à cause de la facilité d’utilisation et de mise en route de l’ePub, grâce également au fait que le texte y soit indexable; tout cela a changé la donne : le remplacement du DPS par l’ePubs FXL est en fait une bonne nouvelle, comme le dit Bob Levine, un des principaux ambassadeurs du DPS d’Adobe…

Si l’on reprend la facilité de réalisation de l’ePub, il est facile de comparer sa réalisation avec celle d’un PDF : vous exportez au format ePub, vous obtenez le fichier, vous le transmettez; le DPS est malgré tout bien plus complexe à mettre en œuvre !

Je voudrais analyser les limitations de l’ePub les plus criantes, et comment les contourner… éventuellement !

  • Le format unique du document, qui reste portrait ou paysage, comme on le conçoit; nous ne pouvons passer au vol d’une orientation à l’autre, comme le DPS ; le DPS gère en effet deux documents à la fois, l’horizontal et le vertical. Bonne nouvelle, Keith Gilbert a trouvé un truc pour parer à cela.
  • Les polices, pour des raisons de copyright ou de DRM, sont limitées à celle de Typekit ; en fait vous pouvez utiliser toutes les polices qui supportent l’incorporation (embedding); à première vue, et suivant les annonces d’Adobe, on a l’impression d’un choix illimité mais plusieurs polices vraiment basiques ne sont pas du tout disponibles, ou seulement partiellement (pensons à Avenir, Futura…) et ce choix limité peut s’avérer problématique, surtout dans le domaine éditorial. Un article de Jiminy Panoz sur les polices pour le livre numérique fait le point à ce sujet. Un addin d’InDesign, Circularflo, dont Pariah Burke parle dans cet article, permet d’éviter le problème, puisqu’il gère toutes les incorporations de toutes les polices à tous les formats (plus d’autres avantages certains comme l’exportation pour Kindle d’Amazon). Le DPS n’a pas ce souci – vu qu’il n’est jamais qu’une exportation en jpeg des pages ; mais la terrible impossibilité de ne pouvoir faire une recherche dans le texte, ou l’indexer, a été pour moi la plus grande de ses limites.
  • Les hyperliens ont l’air de poser problème s’ils partent du texte, le truc était de créer un bloc image au-dessus de ce que l’on voulait mettre en hyperlien puis de créer un hyperlien sur le bloc plutôt que sur le texte; mais en fait mes essais récents prouvent que ça marche (voir l’ePub sur Lightroom sur ce blog par exemple).
  • Le logiciel d’Adobe qui devrait permettre de visualiser l’ePub 3 FLY, Adobe Digital Editions 4, ne le supportait pas jusqu’à récemment ; la version 4.02 fonctionne bien maintenant ; auparavant, nous devions visualiser nos productions sur le logiciel iBooks d’Apple ou sur Google Chrome avec l’addin Readium.
  • Pour l’instant les animations Edge Animate exportées en ePub3 ne s’affichent pas sur iPad mais  bien sur iBooks – ou ont besoin d’être éditées au niveau html pour ce faire.
  • Forum Adobe gestion des couleurs – on aurait aimé pouvoir incorporer des profils dans les ePubs, mais non. Comme dans Lightroom mobile, la gestion des profils couleurs n’est pas encore de mise sur les tablettes 🙁

En comparaison avec DPS, manquent encore certaines possibilités, certains types d’overlays (couches d’animations qui se superposent à la simple couche du texte et  permettent le multimédia ou l’animation dans le document) :

  • Actuellement nous sommes dans un design de page séparée ; la fameuse innovation du DPS, le fait de dépasser le niveau de la page pour permettre de se déplacer dans le flux du texte sur les tablettes ne peut donc se réaliser avec l’ePub. Mais récemment un article sur le forum ePub d’Adobe montre un truc pour permettre cette possibilité.
  • Les panoramas et pan & zoom.
  • L’incorporation de pages HTML (comme les Google maps qu’on a vu fleurir dans les DPS).

Maintenant, il faut malgré tout être conscient que la publication en ligne d’un ePub 3 passe malgré tout par certaines contraintes :

En attendant, voici un magnifique exemple d’ePub bien interactif (merci @ObiwanKenobi_96) :

À voir également, la session Ask A Pro de Frank Payen sur l’ePub 3 FXL : Publication d’ouvrage interactif avec InDesign CC

Un cours sur les CSS pour l’ePub est également disponible chez Lynda.com !

La concurrence directe du DPS (et de l’ePub) est du côté d’Aquafadas ou de Twixl. Voici un comparatif entre Aquafadas et le DPS d’Adobe.

Mon vœu le plus cher en écrivant cet article est d’avoir des retours d’expérience, des commentaires…