Calibrer une imprimante de type RGB avec un spectrophotomètre i1Pro2 et les logiciels basICColor DropRGB et Catch

Les logiciels de basICColor sont une alternative de qualité à la suite logicielle d’Xrite. Si vous disposez d’un i1Pro2 sous licence EFI mais que vous n’avez pas le logiciel i1Profiler activé pour piloter l’i1Pro2, cet article vous intéressera…

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Calibrage écran et charte à la prise de vue | Masterclass avec Hervé Petit sur AdobeFrance

Une excellente vidéo sur la gestion des couleurs : Frank Payen invite Hervé Petit d’X-rite France.

Au programme :

Le calibrage écran avec une sonde X-Rite : Pourquoi on commence toujours par l’écran ? Les écrans sont réglés par les fabricants, alors pourquoi les calibrer ? Quelques conseils et astuces. Ce que ça apporte concrètement. Comment les logiciels Adobe tirent parti du profil créé ?

Profil de prise de vue avec la charte Color Checker Passport : Intégrer une charte Color Checker dès la prise de vue. Exposition, position par rapport au sujet. Quelques exemples d’utilisation. Comment utiliser le logiciel fourni avec la charte ? Qu’est-ce qu’un profil de prise de vue ?

Gestion des couleurs – utile même pour les cas désespérés

J’ai chez moi une laser couleur OKI, un copieur C3530, qui n’est vraiment pas fait pour une impression autre que bureautique…

OKI C3530

Je m’en sers pour faire des copies, pour tirer des documents administratifs, des épreuves de mise en pages pour mes clients ; sa qualité pour la couleur est vraiment limite. J’ai heureusement une jet d’encre Epson P50 pour mes tirages photo.

Et voilà que, poussé par le démon du test, j’ai calibré ma laser Oki avec un spectrophotomètre i1 pro, pour voir…

Voilà le célèbre fichier test Altona, imprimé avant calibration :


Après calibration avec i1 Profiler, voilà à quoi on arrive :

Non, je ne vais pas utiliser dorénavant mon imprimante laser en impression d’épreuve ; mais par contre, ce qui est en niveaux de gris (le visage à gauche) est désormais débarrassé de sa nuance mauve (!), mes nuances de gris (l’échelle à droite) sont mieux balancées et le visage de la femme aux cheveux bruns a retrouvé de la couleur ; globalement le tout a maintenant une densité un peu meilleure. Pour une laser en fin de vie, c’est déjà un regain intéressant je trouve !

Et voici l’original converti en jpeg : notez que l’on perd à la conversion ce qui est du domaine de la transparence, de la gestion des canaux alpha (les bandes grise en haut à droite, les 3 boules CMY à droite)…

Altona_Visual_1v2a_x3

Faites appel à mes services pour la calibration de votre imprimante : il y aura également un avant et un après dans votre production d’épreuves…

Découverte de Spyder5STUDIO

À la suite d’une consultance sur la gestion des couleurs chez un cabinet d’architectes bruxellois, j’ai découvert, moi qui ne pratique que le matériel de X-Rite, la solution globale de Datacolor en ce qui concerne la calibration des périphériques.

Je savais déjà, pour avoir lu les articles d’Arnaud Frich, que la Spyder5, ainsi que tout le matériel de Datacolor en général, est d’un très bon niveau, tout en ne coûtant pas un bras comme celui de son challenger X-Rite…

Qu’en est-il de leur ergonomie, comment les comparer ? Je voudrais expliquer cela dans ce bref article.

Je vais commencer par vous proposer des modes d’emploi relativement simplifiés pour l’utilisation de la sonde Spyder5Elite et du spectrophotomètre SpyderPrint, dans la section Cours de mon site.

Ce que j’ai remarqué en calibrant les écrans :

  • Je n’aime pas le fait que le logiciel, sous prétexte que l’éclairage de la pièce est trop élevé (200 candela/m2) propose d’adapter le réglage de la calibration en conséquence à 200 c/m2, cela me semble abusif !
  • Dans les préférences, vous verrez qu’il est possible d’utiliser le processus L-Star ; a priori ne le faites que si votre écran est haut de gamme et rejoint le profil AdobeRGB ; vous risquez, si vous le faites sur un écran de base comme l’iMac, de perdre en finesse de dégradé dans les valeurs sombres, si j’en suis cet avis sur le forum de Luminous ou celui-ci sur le forum de Chassimage.
  • L’affichage étalonné, qui est produit en fin de processus de calibration, est proche de celui de l’iProfiler d’X-Rite, et est intéressant en ce qu’il propose directement de comparer le profil obtenu à celui de l’sRGB ou de l’AdobeRGB. Pratique si vous voulez convaincre un patron de la nécessité de l’achat d’un écran alors que vous n’avez droit qu’a votre iMac ancienne génération qui atteint tout juste l’sRGB. Mais il faudra de toute façon initier votre patron aux profils couleurs…
  • Pour une recalibration périodique (on recommande de recalibrer un écran au moins tous les mois), il existe les fonctions CheckCal et ReCal, qui contribuent à réduire le temps d’analyse pour les calibrages suivants. Vous pouvez conserver les anciennes cibles de calibrage ou demander leur validation en un rien de temps.

Ce que j’ai remarqué en calibrant les imprimantes :

  • La solution SpyderPrint ne vaut pas, au niveau ergonomie, celle de l’iProfiler avec l’i1Pro d’X-Rite. La réglette qui permet de placer et guider le papier dans cette dernière est quand même nettement plus solide et pratique… et ne nécessite pas de coller le papier que vous devez calibrer avec du tape sur votre bureau pour mesurer les carrés de couleur sur le papier. On s’en sort mais on comprend bien pourquoi il y a une telle différence de prix.
  • De même, Arnaud Frich, dans son test, explique bien que la différence de prix et de niveau entre les deux machines vient du fait que la SpyderPrint est un spectrocolorimètre et non un spectrophotomètre comme l’i1Pro. Le résultat est que le profil est différent (je publierai une comparaison dans une révision de mon article), un peu moins étendu, mais quand même largement suffisant pour améliorer sensiblement la qualité de vos impressions !
  • Lorsque l’on lit avec l’i1Pro la ligne de carrés de couleur, il ne signale pas la lecture des carrés, ce que fait le SpyderPrint en faisant des clics successifs; SpyderPrint vous signale quels sont les patchs de couleurs qui n’ont pas été bien lus et vous pouvez facilement les refaire.
  • Par contre le logiciel vous prend par la main, l’orientation plus grand public est sensible ici et évite clairement de se casser la tête.
  • En bref, si vous n’avez pas encore de sonde de calibration d’écran, et si vous désirez, pour votre imprimante couleur, faire différents profils et changer de papier souvent, donc maîtriser vos profils plutôt que de passer par un prestataire de service pour les faire faire, la solution SpyderStudio est un maître-achat.

En cas de souci, il existe un mode d’emploi très complet en français de la solution SpyderStudio.

Encore des références :
http://news.pixelistes.com/test-photo-de-la-redac-etalonnez-votre-imprimante-avec-une-sonde-datacolor-spyderprint/
http://phototechmag.com/printer-calibration-using-the-spyderprint/
https://www.slrlounge.com/spyder5studio-review-getting-images-color-controlled-capture-print/
http://blog.reflex-photo.eu/test-de-la-sonde-datacolor-spyder-5-elite/

Les écrans Apple Retina 5K : une alternative aux écrans de retouche ?

Comme vous le savez probablement, les nouveaux iMacs 22 et 27” d’Apple ont un écran Retina – lié donc à cette nouvelle technologie qui permet que l’œil ne distingue plus les pixels, et donc que le lissage soit parfait et l’apparence des images également. Soit ; mais il manquait à cette technologie très design, très « Apple » un argument de taille pour convaincre vraiment, argument un peu passé à la trappe chez Apple : avoir un gamut suffisant, donc un espace de couleurs suffisant pour permettre la correction colorimétrique, la retouche couleur en clair.

En effet, si je prends le gamut de mon iMac (non Retina) ou de mon MacBookPro Retina mid-2012, j’obtiens des gamuts comparable (MacBook) ou supérieur (iMac) à celui du sRGB mais inférieurs à l’Adobe RGB, l’étalon wide gamut des écrans haut de gamme :

Comparaison iMac-MacBookPro-sRGB-AdobeRGB
Comparaison iMac-MacBookPro-sRGB-AdobeRGB

Or, comme mentionné dans le Test iMac 4k de MacGeneration, les derniers écrans Retina des iMacs ont changé de gamut, ils ont maintenant un affichage qui excède celui du sRGB. Cette mise à jour récente, Apple n’en a pas fait la publicité sur son site par exemple…

Apple a choisi l’espace DCI-P3 comme gamut de ses écrans d’iMac, espace qui est un standard en vidéo, en projection de films pour être précis – mais ce gamut est totalement inconnu dans le domaine du prépresse d’ailleurs. Apple se rapproche d’un nouveau marché apparemment, celui de la vidéo

Ce DCI-P3 est presque identique à l’AdobeRGB, seulement ce dernier s’étend plus profondément dans les verts et les bleus, alors que le DCI-P3 s’étend davantage dans les rouges et dans un ensemble de verts.

Dans le tableau, ci-dessous, la ligne marron représente l’espace AdobeRGB, la rouge le DCI-P3, et la noire le sRGB :

dci-p3-color-space_med

 

Voici une comparaison précise entre mon iMac non Retina et celui d’un ami, qui lui a ce nouveau modèle dont nous parlons dans l’article :

 

Comparaison iMac Retina, iMac normal et Adobe RGB
Comparaison iMac Retina, iMac normal et Adobe RGB

Je trouve que la visualisation en 3D (ici aplatie) donne un point de vue assez différent sur ce gamut ; d’abord nous sommes ici devant du concret : je vous montre des gamuts d’écrans existants, créés avec i1Profiler et une sonde i1Pro, pas des comparaisons d’espaces de couleur toujours un peu abstraites. L’Adobe RGB est en filaire, l’iMac Retina est le plus large des deux autres bien entendu. Il y a donc un saut qualitatif bien important!

Mais nous devons également comparer l’Adobe RGB et le DCI P3 d’un autre point de vue : ce qui est intéressant en DCI-P3 c’est le choix de l’illuminant, le point blanc à 5900K, bien plus logique pour ceux qui travaillent dans le prépresse que celui d’AdobeRGB 98 à 6500K, qui va plus vers le bleu ; il n’est pas non plus à 5000K, ce qui est trop jaune lorsque l’on compare écran et imprimés. C’est donc un compromis qui se rapproche de la température de la lumière du jour plus ou moins neutre, ou encore des lampes de travail et de retouche comme la Grafilite ou des lampes que propose cmp-color par exemple.

Au même titre, l’emploi d’un espace couleur eciRGB plutôt que AdobeRGB dans le prépresse devient petit à petit la norme… cet espace qui lui, est basé sur un illuminant D50 et non D65 comme l’AdobeRGB. Il y a donc là quelque chose d’important.

Mais je ne trouve pratiquement personne qui ait parlé d’un autre changement que je pense important,  le gamma du DCI-P3 qui est à 2.6 au lieu de 2,2 (2.6 = propre à la vidéo?).

En pratique, depuis la version 2015 CC de Photoshop l’espace de couleurs DCI-P3 est présent:

DCI P3

Alors, comment travailler au sein de Photoshop avec ce nouveaux moniteurs?

La première de choses, c’est qu’il est impératif encore et toujours de calibrer ces écrans, pour en obtenir le meilleur et avoir un espace de travail optimisé. Mais cela est valable pour tout écran wide gamut ; et il faut également prendre des précautions pour l’affichage web, de travailler exclusivement avec Firefox (qu’il faut paramétrer) et Safari (à partir de la version 9 d’après des références que je cherche à confirmer), qui vont afficher correctement des images sRGB dans ce gamut plus large, en assignant un profil couleur sRGB aux images qui n’en ont pas et tenir compte des profils inclus dans les autres images ; à défaut, les images sans profil vont s’afficher de façon sursaturée.

Mais votre méthode de travail globale, elle ne changera pas : pour le prépresse et la photo vous pouvez toujours travailler en Photoshop avec le couple traditionnel AdobeRGB – Coated Fogra, ou pour ceux qui ont compris l’importance des profils européens, avec eciRGG – eciCoated :

préférences couleurs Photoshop

Car ainsi que me l’expliquait R. FOSSE (sur le forum d’Adobe), l’espace couleur du moniteur et espace colorimétrique du document/travail sont complètement séparés et ils n’ont pas besoin de correspondre. En fait, ils ne correspondent jamais complètement dans tous les cas, ce sont deux choses distinctes et différentes. Avec un écran qui fonctionne suivant une bonne gestion des couleurs, l’un est remappé / converti en l’autre afin que le fichier s’affiche correctement. Donc, en résumé, fonçons…

Un petit bémol par contre est exprimé par Arnaud Frich, non pas à l’encontre de ce nouvel espace DCI-P3, mais du fait de devoir travailler avec un écran Retina en soi, ce qui induit qu’en Photoshop, il faut zoomer beaucoup plus qu’avant vu la résolution de l’écran ! Mais que les textes des palettes des logiciels, eux, restent en tout petit en comparaison…

Note hardware :

En revanche, pour en profiter, et le nouveau modèle d’entrée de gamme confirme cette impression, il est nécessaire d’investir dans les options haut de gamme, la Radeon M295X semblant être la seule à vraiment assurer une expérience complètement réactive en 5K, comme en parle l’article de Clubic qui compare les modèles d’iMac avec leurs cartes vidéos respectives…

Mise à jour suite à la sortie des MacBook Pro Retina (2017)

Les portables Apple, de façon pour le moins surprenante, sont également passés à l’espace DCI-P3 avec les modèles 13″ et 15″ Retina.

Arnaud Frich, dans son test, en vient à les comparer au niveau qualitatif des écrans Eizo ColorEdge, c’est dire. Apple présente donc une gamme complète permettant le travail de retouche, et ce également dans les portables.

iMac Retina : Photoshop active les couleurs 10 bits à la demande | MacGeneration

 

Les derniers iMac sont capables d’afficher des couleurs encodées sur 10 bits au lieu de 8 bits comme c’était le cas auparavant. À la clé, une meilleure reproduction des couleurs et en particulier une meilleure fluidité dans certains dégradés. Pour en bénéficier, il faut une chaîne 10 bits complète toutefois : de l’image de base à l’écran, en passant par le système et même le logiciel qui affiche l’image.

Source : iMac Retina : Photoshop active les couleurs 10 bits à la demande | MacGeneration

Attention, le fichier ci-dessus n’est pas réellement valide : le fichier « 10 bit test ramp.psd » disponible sur le site ImageScience ne s’affiche pas correctement sur un MacBookPro Retina (censément pas capable d’afficher sur 10 bits) alors que le dégradé fourni par le site Acorn s’affiche correctement !

C’est au niveau des préférences de Photoshop qu’il faut activer l’affichage 30 bits (10 bits par canal), dans les paramètres avancés des performances :

preferences photoshop

PS – Mais cela dépend de la carte graphique, ici mon iMac 27 (2011) qui n’y a pas droit :

Capture d’écran 2015-12-28 à 01.07.36

Suite au prochain épisode 🙂

Mise à jour, 20/01/2016 : un post dans le forum de chassimages à ce sujet