La publication d’ePubs de mise en pages fixe (FXL): quelques réflexions sur l’état des choses (janvier 2015)

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L’abandon récent du DPS « single edition » en faveur de l’ePub FXL ont étonné ou scandalisé, puis, à cause de la facilité d’utilisation et de mise en route de l’ePub, grâce également au fait que le texte y soit indexable; tout cela a changé la donne : le remplacement du DPS par l’ePubs FXL est en fait une bonne nouvelle, comme le dit Bob Levine, un des principaux ambassadeurs du DPS d’Adobe…

Si l’on reprend la facilité de réalisation de l’ePub, il est facile de comparer sa réalisation avec celle d’un PDF : vous exportez au format ePub, vous obtenez le fichier, vous le transmettez; le DPS est malgré tout bien plus complexe à mettre en œuvre !

Je voudrais analyser les limitations de l’ePub les plus criantes, et comment les contourner… éventuellement !

  • Le format unique du document, qui reste portrait ou paysage, comme on le conçoit; nous ne pouvons passer au vol d’une orientation à l’autre, comme le DPS ; le DPS gère en effet deux documents à la fois, l’horizontal et le vertical. Bonne nouvelle, Keith Gilbert a trouvé un truc pour parer à cela.
  • Les polices, pour des raisons de copyright ou de DRM, sont limitées à celle de Typekit ; en fait vous pouvez utiliser toutes les polices qui supportent l’incorporation (embedding); à première vue, et suivant les annonces d’Adobe, on a l’impression d’un choix illimité mais plusieurs polices vraiment basiques ne sont pas du tout disponibles, ou seulement partiellement (pensons à Avenir, Futura…) et ce choix limité peut s’avérer problématique, surtout dans le domaine éditorial. Un article de Jiminy Panoz sur les polices pour le livre numérique fait le point à ce sujet. Un addin d’InDesign, Circularflo, dont Pariah Burke parle dans cet article, permet d’éviter le problème, puisqu’il gère toutes les incorporations de toutes les polices à tous les formats (plus d’autres avantages certains comme l’exportation pour Kindle d’Amazon). Le DPS n’a pas ce souci – vu qu’il n’est jamais qu’une exportation en jpeg des pages ; mais la terrible impossibilité de ne pouvoir faire une recherche dans le texte, ou l’indexer, a été pour moi la plus grande de ses limites.
  • Les hyperliens ont l’air de poser problème s’ils partent du texte, le truc était de créer un bloc image au-dessus de ce que l’on voulait mettre en hyperlien puis de créer un hyperlien sur le bloc plutôt que sur le texte; mais en fait mes essais récents prouvent que ça marche (voir l’ePub sur Lightroom sur ce blog par exemple).
  • Le logiciel d’Adobe qui devrait permettre de visualiser l’ePub 3 FLY, Adobe Digital Editions 4, ne le supportait pas jusqu’à récemment ; la version 4.02 fonctionne bien maintenant ; auparavant, nous devions visualiser nos productions sur le logiciel iBooks d’Apple ou sur Google Chrome avec l’addin Readium.
  • Pour l’instant les animations Edge Animate exportées en ePub3 ne s’affichent pas sur iPad mais  bien sur iBooks – ou ont besoin d’être éditées au niveau html pour ce faire.
  • Forum Adobe gestion des couleurs – on aurait aimé pouvoir incorporer des profils dans les ePubs, mais non. Comme dans Lightroom mobile, la gestion des profils couleurs n’est pas encore de mise sur les tablettes 🙁

En comparaison avec DPS, manquent encore certaines possibilités, certains types d’overlays (couches d’animations qui se superposent à la simple couche du texte et  permettent le multimédia ou l’animation dans le document) :

  • Actuellement nous sommes dans un design de page séparée ; la fameuse innovation du DPS, le fait de dépasser le niveau de la page pour permettre de se déplacer dans le flux du texte sur les tablettes ne peut donc se réaliser avec l’ePub. Mais récemment un article sur le forum ePub d’Adobe montre un truc pour permettre cette possibilité.
  • Les panoramas et pan & zoom.
  • L’incorporation de pages HTML (comme les Google maps qu’on a vu fleurir dans les DPS).

Maintenant, il faut malgré tout être conscient que la publication en ligne d’un ePub 3 passe malgré tout par certaines contraintes :

En attendant, voici un magnifique exemple d’ePub bien interactif (merci @ObiwanKenobi_96) :

À voir également, la session Ask A Pro de Frank Payen sur l’ePub 3 FXL : Publication d’ouvrage interactif avec InDesign CC

Un cours sur les CSS pour l’ePub est également disponible chez Lynda.com !

La concurrence directe du DPS (et de l’ePub) est du côté d’Aquafadas ou de Twixl. Voici un comparatif entre Aquafadas et le DPS d’Adobe.

Mon vœu le plus cher en écrivant cet article est d’avoir des retours d’expérience, des commentaires…